4h23. sortie de boîte. dans quelque temps on apercevra déjà le soleil, c'est fou. encore faudrait-il que j'ai la vue assez claire pour y assister. j'ai le ventre au bord des lèvres à chaque pas. enfin depuis le temps j'ai apprit à me contenir le plus possible. de toute manière j'aime pas gerber en public. j'ai la tête à deux doigts d'exploser. qu'on retire ce con dans mon crâne qui fait son lancé de poids avec mon cerveau sans jamais le lancer. merde mes clés. MES CLES ! je les ai oublié sur la table à côté de mon verre à l'intérieur. oh putain impossible. mort. j'y retourne pas. de toute manière mes potes me les ramèneront demain. ouep, ben dans ce cas j'vais devoir m'taper la route à pied. ça me fera pas de mal de l'air. c'est bizarre comme tout est jaune et noir la nuit. 'y a peut-être trop de phosphore dans les lampadaires ? n'empêche c'est super réconfortant ce noir. allez savoir pourquoi. ce vide aussi. on aurait presque l'impression d'être libre. que la rue, ou même la ville, est à nous. comme si tous les mystères de la journées apparaissent clairs seulement dans l'obscurité. en fait y a que moi et ma conscience sur cette route déserte. et faut vraiment être con ou légèrement bourré pour s'imaginer, se dire toutes ces conneries à une heure pareille. d'ailleurs faut vraiment être con pour boire autant alors qu'on connait quasiment ces effets par coeur. des penchants masos peut-être (je me demande si Mr.Torance avait raison au sujet du pêché des blancs) ? je connais déjà la suite de demain matin, ou devrais-je dire, de ce matin. comme j'y ai hâte à mon pieu. je voudrais qu'on me porte, qu'on m'allonge par terre et qu'on me roule jusqu'à chez moi. la bonne idée. le pire c'est que je suis conscient qu'avec ce que j'ai dans le sang là à l'instant, que je serais capable de le faire. c'est quand même dingue d'être conscient de notre connerie, et limite de la faire pour cette raison. nan. je suis raisonnable moi. j'ai déjà vu trop de connards bourrés faire des trucs absurdes devant moi pour leur ressembler à l'instant. j'avoue que maintenant que je me suis dit ça, je suis assez fier de moi. je souris connement. je souris même davantage de me rendre compte ma connerie. comme c'est affreux tous ces alcools. ah je viens de m'apercevoir d'un truc qui me fait rire. le fait que là, tout de suite, je me dise que mentalement, j'ai beaucoup de jactence. ridicule. pathétique même. je mériterais une bonne paire de baffes, un jet d'eau froide en pleine tronche et une couverture avec un seau. bien fait pour ma gueule. j'aperçois mon entrée. putain enfin. voilà. je viens de me tenir la conversation pendant 5 minutes, j'me remercie. il se fait tard. bonne nuit.